Volet 2 : Les corpus de données

L’équipement de données Biblissima s’appuie sur de nombreux corpus préexistants et les enrichit de données nouvelles.

Le socle documentaire généraliste

Le chercheur a besoin de données scientifiques et de reproductions de documents en quantité significative.

Ce socle documentaire proposé par Biblissima est composé de :

  • La numérisation de manuscrits et d’imprimés anciens en lien avec des programmes de recherche qui faciliteront la collaboration entre chercheurs, enseignants et conservateurs. Un important financement Biblissima sera consacré chaque année à des projets de numérisation, de catalogage et d'encodage de sources, associant au moins un établissement de conservation et une équipe de recherche.
    Voir la liste des numérisations à la BnF dans le cadre de Biblissima.
  • La mise en ligne de données documentaires de base, en particulier l’immense documentation accumulée à l’IRHT (plus d’un million de fiches et de dossiers).
  • Une documentation nouvelle élargissant le corpus des sources et des données disponibles, acquise par divers projets en cours ou à lancer dans des domaines et des fonds jusqu’à présent mal connus (correspondances érudites, livres en toutes langues dans les catalogues de vente du XVIIIe siècle, ressources des Archives départementales, inventaires révolutionnaires, circulation des savoirs médicaux...). A cet ensemble appartiennent les projets de reconstitution des bibliothèques juives d’Europe (la « genizah européenne » du programme Books within Books) et de répertoire des inventaires anciens de bibliothèques byzantines.

Les données scientifiques issues des recherches Biblissima

Certains fonds anciens méritent d’être étudiés sous tous les angles, travaux qui rejoindront les thématiques prioritaires pour l’ensemble des équipes de Biblissima. Les projets partenariaux et les projets de recherche proposés par des étudiants doivent entrer dans ces thématiques prioritaires.

Parmi ces thématiques :

  • Les grandes écoles de pensée médiévales et leurs manuscrits (Laon, Chartres, Orléans...), et les universités, par exemple la bibliothèque du collège de Sorbonne.
  • Les bibliothèques monastiques : fonds médiévaux conservés à Angers, Dijon, Saint-Omer, Orléans, Charleville etc., ainsi que les bibliothèques fréquentées et la collection constituée par Rabelais, et les bibliothèques d’ordres nouveaux comme les Minimes et les Oratoriens.
  • Les bibliothèques des grands laïcs, en particulier les rois de France (Charles V - Charles VI).
  • Les bibliothèques virtuelles avant la lettre, de la Bible aux grands recueils de la Renaissance.
  • L’érudition et la bibliophilie, XVIIe-XVIIIe siècles, dont le rôle des Mauristes et des grands collectionneurs comme Colbert dans l’acquisition et la connaissance de manuscrits occidentaux et orientaux.

L’édition électronique des textes anciens

La mise à disposition des textes anciens, en édition électronique directement reliée aux entrepôts d’images et aux bases de données, change radicalement la vie du chercheur. On construira progressivement une bibliothèque virtuelle de textes.

Divers corpus servent de point de départ : la glose de la Bible, véritable bibliothèque portative au Moyen Âge, et le corpus d’inventaires de bibliothèques médiévales de France. Au point de départ de celui-ci, l’édition électronique de la Bibliotheca Belgica manuscripta ou « Sanderus electronicus », et celle de la Bibliotheca bibliothecarum manuscriptorum nova de Montfaucon (1739) à laquelle Biblissima fait explicitement référence en son titre. On poursuivra l’alimentation du site Sermones.net, dans lequel les textes écrits renvoient à la pratique de la parole. On prendra part enfin à l’édition électronique de textes musicaux, avec une participation au projet international autour de la Traditio Hollandrini.

Invitation à la recherche et instrument de travail partagé

Biblissima jouera pleinement son rôle d’équipement d’intérêt national et international seulement s’il parvient à attirer le public (étudiant et chercheurs) dans les fonds anciens et à favoriser l’initiation aux humanités numériques. Tout étudiant inscrit dans l’une des équipes du partenariat pour une recherche sur les bibliothèques anciennes bénéficiera du matériel et des missions sur le terrain financés par le programme Equipex, pourvu que les données résultant de ces missions soient intégrées au cluster Biblissima.

Biblissima sera ainsi un observatoire où stocker ses données et les faire interagir avec celles des autres. Cette appropriation fera du cluster un véritable outil collaboratif.